En dépit des élections multipartites et des libertés de la presse et d’expression, la démocratie malienne reste mise à l’épreuve par des crises politiques, l’insécurité croissante et une gestion des ressources publiques souvent critiquée. Trente-quatre ans après la révolution de mars 91, il est important de s’interroger sur le chemin parcouru, d’autant plus que, ce 26 mars 2025, les autorités de la transition ont commémoré cet anniversaire en l’absence notoire des acteurs clés de mars 91. Un geste qui rappel cet adage bamananka qui dit : Koun té di kun tigui ko raser la tête d’une personne en son absence en français facile.
Cette absence est un signal inquiétant. Quoi qu’on dise, les acteurs de mars 91, ceux qui ont porté le combat pour la liberté, l’égalité et la démocratie, sont les véritables moteurs du changement. Leur absence lors de la commémoration officielle du 34e anniversaire pose la question du respect des acquis démocratiques, et du rôle réel que l’État accorde aujourd’hui aux principes de la révolution de 1991.
Il est paradoxal de célébrer cette date historique sans reconnaître l’importance de ceux qui ont risqué leurs vies pour la libération de la nation. Sans les acteurs de mars 91, il n’y aurait pas eu de liberté d’expression, de presse, de multipartisme, ni de processus démocratique.
Célébrer mars 91 sans les acteurs de cette révolution, c’est ignorer l’essence même de cette victoire, c’est oublier que la démocratie n’est pas un acquis figé, mais un processus permanent qui nécessite l’engagement de chaque citoyen.
Il est grand temps de redonner toute leur place aux véritables bâtisseurs de la démocratie malienne, de rétablir un lien fort entre le passé et le présent, et de renforcer la gouvernance démocratique, en l’adaptant aux défis du 21e siècle.